Mathématiques — Seconde
Arithmétique — Maths Seconde (chapitre 1)
Multiples, diviseurs, nombres pairs et impairs, fractions irréductibles. Programme 2026 de seconde générale et technologique, avec démonstrations et…
Par ProfBot
Arithmétique : multiples, diviseurs, pair et impair
Chapitre 1 — Nombres et calculs · Seconde générale et technologique
Trois questions qui se ressemblent et qui n'ont pas la même difficulté : 145 est-il divisible par 5 ? (immédiat) ; 145 est-il divisible par 29 ? (un calcul) ; le carré d'un nombre impair est-il toujours impair ? (une démonstration). Ce premier chapitre installe le vocabulaire — multiple, diviseur, pair, impair — et surtout la manière de prouver qu'une propriété est vraie pour tous les entiers, et pas seulement pour ceux qu'on a essayés.
Au programme officiel (programme 2026, applicable à la rentrée 2026-2027). Notations $\mathbb{N}$ et $\mathbb{Z}$ ; définition des notions de multiple, de diviseur, de nombre pair, de nombre impair : $a$ est multiple de $b$ s'il existe un entier $k$ tel que $a = kb$. Modéliser et résoudre des problèmes mobilisant ces notions ; présenter les fractions sous forme irréductible.
Démonstrations exigibles : pour une valeur numérique de $a$, la somme de deux multiples de $a$ est multiple de $a$ ; le carré d'un nombre impair est impair.
Algorithmes : déterminer si un entier naturel $a$ est multiple d'un entier naturel $b$ ; pour $a$ et $b$ donnés, déterminer le plus grand multiple de $a$ inférieur ou égal à $b$.
1. Les entiers : $\mathbb{N}$ et $\mathbb{Z}$
$\mathbb{N} = \{0\,;1\,;2\,;3\,;\dots\} \qquad \text{et} \qquad \mathbb{Z} = \{\dots\,;-2\,;-1\,;0\,;1\,;2\,;\dots\}$
$\mathbb{N}$ est l'ensemble des entiers naturels (ceux qui servent à compter, zéro compris), $\mathbb{Z}$ celui des entiers relatifs (les naturels et leurs opposés). Le $\mathbb{Z}$ vient de l'allemand Zahl, « nombre ».
Tout entier naturel est un entier relatif : $\mathbb{N} \subset \mathbb{Z}$. La réciproque est fausse, puisque $-3 \in \mathbb{Z}$ mais $-3 \notin \mathbb{N}$.
2. Multiples et diviseurs
Définition. Soient $a$ et $b$ deux entiers. On dit que $a$ est un multiple de $b$ s'il existe un entier $k$ tel que
$a = k \times b.$
On dit alors aussi que $b$ divise $a$, ou que $b$ est un diviseur de $a$.
Les deux phrases décrivent la même situation, vue des deux bouts : $35 = 5 \times 7$ signifie à la fois que $35$ est un multiple de $7$ et que $7$ divise $35$.
Les multiples de $7$ sont exactement les nombres $7k$ : ils se succèdent tous les $7$. Entre deux d'entre eux, aucun n'est multiple de $7$.
« Multiple » et « diviseur » sont des mots à ne PAS intervertir. Le multiple est le grand, le diviseur est le petit — au sens large : $0$ est multiple de tout entier ($0 = 0 \times b$), et tout entier est multiple de lui-même ($a = 1 \times a$). En revanche, on ne divise jamais par $0$ : $0$ n'est le diviseur de personne.
Trouver tous les diviseurs d'un nombre. On essaie $1, 2, 3, \dots$ et chaque diviseur trouvé en révèle un second.
Les diviseurs de $36$ sont $1, 2, 3, 4, 6, 9, 12, 18, 36$ : neuf diviseurs. Ils vont par paires — sauf $6$, qui est apparié avec lui-même puisque $36 = 6 \times 6$.
Un nombre a un nombre IMPAIR de diviseurs si et seulement si c'est un carré parfait. C'est la conséquence directe de l'appariement : chaque diviseur $d$ appelle son associé $\frac{n}{d}$, et les deux ne coïncident que si $d^2 = n$. Il suffit donc de chercher les diviseurs jusqu'à $\sqrt{n}$ : au-delà, on ne trouve plus rien de nouveau.
Critères de divisibilité (à connaître par cœur) :
| Divisible par | Critère | Exemple |
|---|---|---|
| $2$ | le chiffre des unités est $0,2,4,6$ ou $8$ | $174$ |
| $3$ | la somme des chiffres est divisible par $3$ | $174$ car $1+7+4=12$ |
| $4$ | le nombre formé par les deux derniers chiffres l'est | $1\,732$ car $32 = 4\times8$ |
| $5$ | le chiffre des unités est $0$ ou $5$ | $2\,045$ |
| $9$ | la somme des chiffres est divisible par $9$ | $531$ car $5+3+1=9$ |
| $10$ | le chiffre des unités est $0$ | $9\,870$ |
3. Pairs et impairs
Définition. Un entier $n$ est pair s'il est multiple de $2$, c'est-à-dire s'il existe un entier $k$ tel que $n = 2k$. Il est impair sinon, et il s'écrit alors $n = 2k+1$.
L'écriture $n = 2k$ ou $n = 2k+1$ est l'outil de TOUTES les démonstrations de ce chapitre. Dire « $n$ est pair » ne permet aucun calcul ; écrire « $n = 2k$ avec $k$ entier » en permet immédiatement. Traduire l'hypothèse en écriture algébrique est le premier geste, systématiquement.
4. Deux démonstrations
La somme de deux multiples de $7$ est un multiple de $7$
Propriété. Si $a$ et $b$ sont deux multiples de $7$, alors $a + b$ est un multiple de $7$.
Démonstration. Par hypothèse, il existe deux entiers $k$ et $\ell$ tels que $a = 7k$ et $b = 7\ell$. Alors $a + b = 7k + 7\ell = 7(k + \ell).$ Or $k + \ell$ est un entier. Donc $a+b$ s'écrit $7 \times (\text{un entier})$ : c'est un multiple de $7$. $\blacksquare$
Le raisonnement n'utilise rien de particulier au nombre $7$ : il vaut pour n'importe quel entier $a$ à la place de $7$. C'est le propre du calcul littéral — une seule démonstration couvre une infinité de cas.
Attention : ce résultat ne se retourne pas. Si $a+b$ est un multiple de $7$, $a$ et $b$ n'ont aucune raison de l'être : $3 + 4 = 7$. La propriété est une implication, et sa réciproque est fausse.
Le carré d'un nombre impair est impair
Propriété. Si $n$ est impair, alors $n^2$ est impair.
Démonstration. Si $n$ est impair, il existe un entier $k$ tel que $n = 2k+1$. Alors $n^2 = (2k+1)^2 = 4k^2 + 4k + 1 = 2\underbrace{(2k^2 + 2k)}_{\text{entier}} + 1.$ $n^2$ s'écrit donc sous la forme $2 \times (\text{un entier}) + 1$ : il est impair. $\blacksquare$
La même idée en dessin : $7^2$ se découpe en un carré pair $6\times6 = 36$ et une équerre de $6+6+1 = 13$ cases, impaire. Pair $+$ impair $=$ impair.
Vérifier n'est pas démontrer. $1, 9, 25, 49, 81$ : cinq carrés d'impairs, tous impairs. Cela ne prouve rien — il reste une infinité de cas non testés. Seul le calcul sur $2k+1$ traite tous les impairs d'un coup. C'est exactement ce qui sépare une observation d'une preuve, et ce sera vrai toute l'année.
5. Fractions irréductibles
Définition. Une fraction $\dfrac{a}{b}$ est irréductible lorsque $a$ et $b$ n'ont pas d'autre diviseur commun que $1$.
Méthode. On simplifie par les diviseurs communs jusqu'à ce qu'il n'en reste plus. $\frac{84}{126} = \frac{42 \times 2}{63 \times 2} = \frac{42}{63} = \frac{14 \times 3}{21 \times 3} = \frac{14}{21} = \frac{2 \times 7}{3 \times 7} = \frac{2}{3}.$
On peut aussi décomposer en facteurs premiers, ce qui va plus vite : $\frac{84}{126} = \frac{2^2 \times 3 \times 7}{2 \times 3^2 \times 7} = \frac{2}{3}.$
Une fraction irréductible est une carte d'identité. Deux écritures différentes du même nombre ($\frac{84}{126}$ et $\frac{2}{3}$) se ramènent à une seule forme irréductible : c'est elle qui permet de reconnaître, du premier coup d'œil, que deux fractions sont égales.
6. Deux algorithmes
Tester si $a$ est un multiple de $b$. L'opérateur % donne le reste de la division euclidienne ; le reste est nul exactement quand la division tombe juste.
def est_multiple(a, b):
return a % b == 0
est_multiple(145, 29) # True car 145 = 29 × 5
est_multiple(145, 7) # False car 145 = 7 × 20 + 5
Le plus grand multiple de $a$ inférieur ou égal à $b$. On divise, on garde la partie entière du quotient, on remultiplie :
def plus_grand_multiple(a, b):
"""Le plus grand multiple de a qui ne dépasse pas b."""
k = b // a # division entière : la partie entière du quotient
return k * a
plus_grand_multiple(7, 100) # 98, car 100 // 7 vaut 14 et 14 × 7 = 98
//et%vont ensemble.b // aest le quotient entier,b % ale reste, et l'on a toujoursb = (b // a) * a + b % a. C'est la division euclidienne apprise à l'école primaire, écrite en Python.
7. Exercices corrigés
Exercice 1 — Multiples et diviseurs
a. Citer les cinq plus petits multiples positifs de $12$. b. Donner tous les diviseurs de $60$. c. $2\,024$ est-il un multiple de $8$ ? de $9$ ?
Correction. a. $12, 24, 36, 48, 60$ (ou $0, 12, 24, 36, 48$ si l'on accepte $0$, qui est bien multiple de $12$).
b. On teste $1, 2, 3, \dots$ jusqu'à $\sqrt{60} \approx 7{,}7$, chaque trouvaille en donnant deux : $1$ et $60$ · $2$ et $30$ · $3$ et $20$ · $4$ et $15$ · $5$ et $12$ · $6$ et $10$. Soit douze diviseurs : $1, 2, 3, 4, 5, 6, 10, 12, 15, 20, 30, 60$. Un nombre pair de diviseurs — $60$ n'est donc pas un carré parfait, ce qu'on savait déjà.
c. $2\,024 = 8 \times 253$, donc oui pour $8$. Pour $9$ : $2+0+2+4 = 8$, qui n'est pas divisible par $9$, donc non.
Exercice 2 — Vrai ou faux
a. Tout multiple de $6$ est un multiple de $3$. b. Tout multiple de $3$ est un multiple de $6$. c. Si un entier est divisible par $2$ et par $3$, il est divisible par $6$. d. Si un entier est divisible par $2$ et par $4$, il est divisible par $8$.
Correction. a. Vrai. Si $n = 6k$, alors $n = 3 \times (2k)$. b. Faux : $9$ est multiple de $3$, pas de $6$. c. Vrai (on l'admet ici : $2$ et $3$ n'ont aucun diviseur commun autre que $1$). d. Faux : $12$ est divisible par $2$ et par $4$, mais $12 = 8 \times 1{,}5$ n'est pas divisible par $8$. Le piège : $2$ et $4$ ont le diviseur commun $2$, on compterait deux fois le même facteur.
Exercice 3 — Une démonstration à imiter
Montrer que la somme de deux nombres pairs est paire, puis que la somme d'un pair et d'un impair est impaire.
Correction. Soient $m = 2k$ et $n = 2\ell$ deux entiers pairs. Alors $m + n = 2k + 2\ell = 2(k+\ell),$ qui est le double d'un entier : la somme est paire.
Soient maintenant $m = 2k$ pair et $n = 2\ell+1$ impair. Alors $m + n = 2k + 2\ell + 1 = 2(k + \ell) + 1,$ de la forme $2 \times (\text{entier}) + 1$ : la somme est impaire. $\blacksquare$
Exercice 4 — Deux impairs consécutifs
Montrer que la somme de deux nombres impairs consécutifs est un multiple de $4$.
Correction. Deux impairs consécutifs s'écrivent $2k+1$ et $2k+3$. Leur somme vaut $(2k+1) + (2k+3) = 4k + 4 = 4(k+1),$ qui est bien un multiple de $4$. $\blacksquare$
Contrôle rapide : $5+7 = 12 = 4\times3$, $11+13 = 24 = 4\times6$. Cohérent.
Exercice 5 — Fractions
Rendre irréductibles : a. $\dfrac{45}{60}$ · b. $\dfrac{144}{180}$ · c. $\dfrac{91}{143}$.
Correction. a. $\dfrac{45}{60} = \dfrac{15\times3}{15\times4} = \dfrac{3}{4}$. b. $\dfrac{144}{180} = \dfrac{36\times4}{36\times5} = \dfrac{4}{5}$. c. Moins évident : $91 = 7 \times 13$ et $143 = 11 \times 13$, d'où $\dfrac{91}{143} = \dfrac{7}{11}$.
Quand aucun critère de divisibilité ne s'applique, on cherche les facteurs premiers : c'est le seul moyen sûr.
Exercice 6 — Un problème
Un pâtissier dispose de $84$ macarons et $126$ chocolats. Il veut composer des coffrets identiques, en utilisant tout. a. Peut-il faire $12$ coffrets ? b. Quel est le plus grand nombre de coffrets possible, et que contient alors chacun ?
Correction. a. Il faut que $12$ divise à la fois $84$ et $126$. Or $84 = 12 \times 7$ : d'accord. Mais $126 = 12 \times 10{,}5$ : non, $12$ ne divise pas $126$. Donc c'est impossible.
b. Il faut le plus grand diviseur commun de $84$ et $126$. En facteurs premiers : $84 = 2^2 \times 3 \times 7, \qquad 126 = 2 \times 3^2 \times 7.$ Les facteurs communs sont $2$, $3$ et $7$, d'où un PGCD de $2 \times 3 \times 7 = 42$. Il peut faire 42 coffrets, contenant chacun $\dfrac{84}{42} = 2$ macarons et $\dfrac{126}{42} = 3$ chocolats.
On retrouve la fraction irréductible du cours : $\frac{84}{126} = \frac{2}{3}$. Ce n'est pas un hasard — simplifier une fraction, c'est diviser par le PGCD.
À retenir
Définition : $a$ est multiple de $b$ s'il existe un entier $k$ tel que $a = kb$. Dire « $b$ divise $a$ » est la même chose.
Écritures clés : $n$ pair $\iff n = 2k$ · $n$ impair $\iff n = 2k+1$, avec $k$ entier. Ce sont elles qui rendent les démonstrations possibles.
Les diviseurs vont par paires : il suffit de chercher jusqu'à $\sqrt n$. Un nombre de diviseurs impair signale un carré parfait.
Une démonstration se conduit toujours ainsi : traduire l'hypothèse en écriture algébrique, calculer, reconnaître la forme voulue. Essayer cinq exemples ne démontre rien ; un seul contre-exemple, en revanche, réfute définitivement.
Python : a % b == 0 teste la divisibilité · b // a donne le quotient entier.
Chapitre suivant : les nombres réels, les intervalles et la valeur absolue — comment mesurer une distance entre deux nombres.
Le programme complet de seconde
Nombres et calculs, algèbre
- Arithmétique : multiples, diviseurs, pair et impair
- Les nombres réels, intervalles et valeur absolue
- Calcul algébrique : puissances et racines
- Équations, inéquations et tableaux de signes
Fonctions
- Fonctions : vocabulaire et lectures graphiques
- Variations, extrémums et fonctions affines
- Les fonctions de référence
Géométrie
Statistiques et probabilités
Parties transversales
Chapitre 2 · Les nombres réels, intervalles et valeur absolue →