SVT — Première

Biologie — Programme complet Première

Cours complet de SVT Première : ADN et mutations, génétique mendélienne, méiose et brassage génétique, photosynthèse, évolution et phylogénie, système…

Par ProfBot

Biologie — Programme complet Première

Introduction

Ce cours couvre l'intégralité du programme de SVT en classe de Première générale. Il traite quatre grands domaines : la génétique et la transmission de l'information héréditaire, la reproduction et le brassage génétique, l'évolution du vivant, et le fonctionnement de l'organisme en lien avec son environnement.


Partie 1 — La molécule d'ADN, support de l'information génétique

1.1 Structure de l'ADN

L'ADN (acide désoxyribonucléique) est la molécule qui porte l'information génétique dans toutes les cellules vivantes.

Composition :

Les 4 bases azotées :

BaseTypeComplémentaire
Adénine (A)PurineThymine (T)
Thymine (T)PyrimidineAdénine (A)
Guanine (G)PurineCytosine (C)
Cytosine (C)PyrimidineGuanine (G)

💡 Règle de complémentarité : A s'apparie toujours avec T (2 liaisons H), G s'apparie toujours avec C (3 liaisons H). Cette règle est fondamentale pour la réplication et la transcription.

Organisation de l'ADN dans la cellule :

1.2 Les gènes

Un gène est une portion d'ADN portant l'information nécessaire à la synthèse d'une protéine.

Homozygote / Hétérozygote :

Génotype vs Phénotype :

1.3 Mutations de l'ADN

Une mutation est une modification permanente de la séquence nucléotidique de l'ADN.

Causes des mutations :

Types de mutations ponctuelles :

TypeDescriptionExemple
SubstitutionRemplacement d'une base par une autreA→G
InsertionAjout d'une ou plusieurs bases…AGC… → …AGGC…
DélétionSuppression d'une ou plusieurs bases…AGGC… → …AGC…

💡 Insertion et délétion provoquent un décalage du cadre de lecture (frameshift) qui modifie tous les acides aminés suivants → protéine généralement non fonctionnelle.

Conséquences des mutations :


Partie 2 — La transmission héréditaire des caractères (Génétique mendélienne)

2.1 Les lois de Mendel

Gregor Mendel (1866) a établi les lois de la transmission héréditaire en croisant des plants de pois.

Première loi — Loi de ségrégation (pureté des gamètes) :

Deuxième loi — Loi d'assortiment indépendant :

2.2 Dominance et récessivité

Exemple — Croisement monohybride :

Croisement entre un individu de phénotype [A] homozygote (AA) et un individu de phénotype [a] homozygote (aa) :


Parents :  AA   ×   aa
           ↓         ↓
Gamètes :  A         a
           ↓
F1 :      Aa  (100% phénotype [A])

Croisement F1 × F1 :


       A      a
A    AA (A)  Aa (A)
a    Aa (A)  aa (a)

Résultat F2 : 3/4 phénotype [A] ; 1/4 phénotype [a]
→ Ratio phénotypique 3:1

2.3 La méiose — Source de brassage génétique

La méiose est une division cellulaire réductrice qui produit des gamètes haploïdes (n chromosomes) à partir de cellules diploïdes (2n chromosomes).

Étapes de la méiose :

Méiose I (division réductrice) :

  1. Prophase I :
  1. Métaphase I : alignement des bivalents sur la plaque équatoriale
  2. Anaphase I : séparation des chromosomes homologues (réduction de ploïdie)
  3. Télophase I : deux cellules haploïdes (mais à chromatides non-sœurs encore liées)

Méiose II (division équationnelle, similaire à une mitose) :

  1. Prophase II → Métaphase II → Anaphase II (séparation des chromatides-sœurs) → Télophase II
  2. Production de 4 cellules haploïdes (gamètes)

2.4 Les deux sources de brassage génétique

1. Brassage interchromosomique (méiose I — orientation aléatoire) :

2. Brassage intrachromosomique (crossing-over) :

💡 La méiose + la fécondation aléatoire garantissent une diversité génétique quasi-infinie au sein d'une espèce à reproduction sexuée. C'est une source de variation sur laquelle agit la sélection naturelle.

2.5 La fécondation

Bilan de la reproduction sexuée :


Méiose (brassage inter + intrachromosomique)
  ↓
Gamètes très diversifiés
  ↓
Fécondation aléatoire
  ↓
Zygotes génétiquement uniques

Partie 3 — Expression du génome et diversité des phénotypes

3.1 Du gène à la protéine — Rappel du dogme central


ADN → (Transcription) → ARNm → (Traduction) → Protéine

Transcription (noyau) :

Traduction (cytoplasme, ribosomes) :

3.2 Relation génotype-phénotype

L'environnement influence le phénotype :

Phénotypes à différentes échelles :

ÉchelleExemple
MoléculaireHémoglobine normale vs HbS (drépanocytose)
CellulaireForme normale vs falciforme des globules rouges
Organe/organismeOxygénation normale vs crises vaso-occlusives

Exemple de la drépanocytose :

3.3 Dominance et interactions alléliques

Dominance complète : Aa présente le même phénotype que AA. L'allèle récessif a est "masqué".

Codominance : Les deux allèles s'expriment simultanément. Exemple : groupe sanguin AB (allèle Iᴬ et allèle Iᴮ codominants).

Dominance incomplète : L'hétérozygote présente un phénotype intermédiaire. Exemple : fleur de belle-de-nuit rouge (RR) × blanche (rr) → rose (Rr).


Partie 4 — La photosynthèse

4.1 Bilan général de la photosynthèse

La photosynthèse est le processus par lequel les végétaux chlorophylliens (et certains procaryotes) convertissent l'énergie lumineuse en énergie chimique.

Équation bilan :


6 CO₂ + 6 H₂O + énergie lumineuse → C₆H₁₂O₆ (glucose) + 6 O₂

💡 La photosynthèse est réalisée dans les chloroplastes, organites présents dans les cellules végétales.

4.2 Les deux phases de la photosynthèse

Phase photochimique (réactions lumineuses) — Thylakoïdes :

Phase biochimique (cycle de Calvin) — Stroma :

4.3 Les pigments photosynthétiques

Les pigments absorbent certaines longueurs d'onde de la lumière :

PigmentCouleurLongueurs d'onde absorbées
Chlorophylle aVertRouge (~680 nm) et bleu (~430 nm)
Chlorophylle bVert-jauneOrange-rouge (~650 nm) et bleu (~460 nm)
CaroténoïdesOrange, jauneBleu-vert (~450–500 nm)

💡 La couleur verte des feuilles s'explique par le fait que les chlorophylles reflètent la lumière verte (longueur d'onde ~550 nm).

4.4 Facteurs limitants de la photosynthèse

La vitesse de photosynthèse est limitée par le facteur le plus défavorable (loi du minimum de Liebig) :


Partie 5 — La diversité et l'évolution du monde vivant

5.1 La classification phylogénétique

La classification phylogénétique (ou cladistique) classe les êtres vivants en fonction de leur parenté évolutive, estimée par les caractères dérivés partagés (synapomorphies).

Arbre phylogénétique :

Exemples de groupes monophylétiques (clades) :

CladeSynapomorphies
Tétrapodes4 membres avec doigts
AmniotesŒuf amniotique, membrane amnios
MammifèresPoils, glandes mammaires, oreille moyenne à 3 osselets
PrimatesOngles, vision binoculaire, gros cerveau relatif

5.2 Les preuves de l'évolution

Preuves paléontologiques :

Preuves anatomiques :

Preuves moléculaires :

Preuves embryologiques :

5.3 Les mécanismes de l'évolution

La sélection naturelle (Darwin, 1859) :

  1. Surproduction : les organismes produisent plus de descendants que le milieu ne peut en supporter
  2. Variabilité : les individus d'une population présentent des variations héréditaires
  3. Sélection : les variants les mieux adaptés à leur environnement ont une meilleure survie et reproduction
  4. Transmission : les allèles favorables sont transmis à la descendance → modification de la fréquence allélique

La dérive génétique :

Les mutations :

5.4 La spéciation

La spéciation est la formation d'une nouvelle espèce. Elle nécessite généralement un isolement reproducteur.

Spéciation allopatrique :

  1. Séparation géographique d'une population en deux sous-populations (barrière géographique : montagne, mer, désert)
  2. Évolution indépendante dans des conditions différentes → divergence génétique
  3. Après réunion des populations : isolement reproducteur (incompatibilité génétique, comportementale, temporelle…) → deux espèces distinctes

Exemple classique : Écureuils du Grand Canyon (Arizona) — population séparée depuis ~10 000 ans → divergence morphologique et comportementale

Spéciation sympatrique :


Partie 6 — Le fonctionnement de l'organisme : système nerveux et hormonal

6.1 Le système nerveux

Organisation générale :

Le neurone — Rappel :

6.2 L'arc réflexe

Un réflexe est une réponse involontaire, rapide et stéréotypée à un stimulus.

Composants de l'arc réflexe :


Récepteur → Neurone afférent (sensitif) → Centre intégrateur (moelle épinière)
    → Neurone efférent (moteur) → Effecteur (muscle)

Exemple — Réflexe myotatique (genou) :

  1. Choc sur le tendon → étirement du muscle quadriceps
  2. Activation des fuseaux neuromusculaires (propriocepteurs)
  3. Signal envoyé à la moelle épinière
  4. Activation des motoneurones du quadriceps → contraction

6.3 Intégration nerveuse et plasticité synaptique

La synapse :

Sommation des signaux :

Plasticité synaptique :

6.4 Le système endocrinien

Les hormones sont des messagers chimiques produits par des glandes endocrines, transportés par le sang, et agissant sur des cellules cibles éloignées.

Comparaison système nerveux / système endocrinien :

CaractéristiqueSystème nerveuxSystème endocrinien
MessagerPA + NTHormones
VitesseTrès rapide (ms)Lente (min à heures)
DuréeCourteLongue
PrécisionTrès précise (synapse)Diffuse (sang)

Principales hormones et leurs effets :

GlandeHormoneEffet
HypophyseGH (hormone de croissance)Croissance des os et muscles
ThyroïdeThyroxine (T3, T4)Métabolisme basal, développement
PancréasInsulineBaisse de la glycémie
PancréasGlucagonHausse de la glycémie
SurrénalesAdrénalineRéponse au stress (FC↑, glycémie↑)
GonadesTestostérone / ŒstrogènesCaractères sexuels secondaires

6.5 Régulation de la glycémie — Exemple d'homéostasie

La glycémie (concentration en glucose sanguin) est maintenue autour de 1 g/L chez l'Homme.

Régulation :


Repas → glycémie↑ → pancréas sécrète INSULINE
    → captage du glucose par le foie (glycogenèse) et les muscles
    → glycémie revient à 1 g/L

Effort → glycémie↓ → pancréas sécrète GLUCAGON
    → foie dégrade le glycogène (glycogénolyse) + néoglucogenèse
    → glycémie revient à 1 g/L

Diabète sucré :


Partie 7 — Immunologie (bases de Première)

7.1 Les niveaux de défense

L'organisme dispose de défenses hiérarchisées face aux agents pathogènes (bactéries, virus, parasites, champignons).

Barrières physico-chimiques (non spécifiques) :

Immunité innée (non spécifique, rapide) :

Immunité adaptative (spécifique, mémorielle) :

7.2 La réaction inflammatoire

Lors d'une infection ou blessure :

  1. Les mastocytes libèrent de l'histamine → vasodilatation et augmentation de la perméabilité vasculaire
  2. Recrutement des phagocytes (neutrophiles, macrophages) par chimiotaxie
  3. Phagocytose : ingestion et destruction des agents pathogènes
  4. Les macrophages présentent des antigènes aux lymphocytes T → déclenchement de l'immunité adaptative

Signes cliniques de l'inflammation :

7.3 Les anticorps

Un anticorps (immunoglobuline) est une protéine produite par les plasmocytes (lymphocytes B différenciés) en réponse à un antigène spécifique.

Structure :

Mécanismes d'action des anticorps :


Partie 8 — Écologie et développement durable

8.1 Les écosystèmes et leurs composants

Les interactions entre espèces :

InteractionEspèce AEspèce BExemple
Prédation+−Lion/gazelle
Parasitisme+−Puce/chien
Compétition−−Deux espèces pour une même ressource
Mutualisme++Abeille/fleur
Commensalisme+0Rémora/requin

8.2 Les flux d'énergie

Chaîne alimentaire type :


Producteurs primaires → Consommateurs primaires → Consommateurs secondaires → Décomposeurs
(Plantes, algues)       (Herbivores)               (Carnivores)

Rendement énergétique :

Pyramides écologiques :

8.3 Les cycles biogéochimiques

Cycle du carbone :


CO₂ atmosphérique
   ↓ (photosynthèse)
Matière organique des végétaux
   ↓ (consommation, respiration)
CO₂ atmosphérique
   ↓ (sédimentation sur des millions d'années)
Charbon, pétrole, gaz naturel (carbone fossile)
   ↓ (combustion humaine)
CO₂ atmosphérique (excès actuel)

Cycle de l'azote :

8.4 Biodiversité et enjeux actuels

Trois niveaux de biodiversité :

  1. Diversité génétique : variabilité des génomes au sein d'une espèce
  2. Diversité spécifique : nombre et répartition des espèces dans un milieu
  3. Diversité écosystémique : variété des écosystèmes sur Terre

Causes de l'érosion de la biodiversité (les "5 fléaux") :

💡 6ᵉ extinction de masse en cours : Le taux actuel d'extinction est estimé 100 à 1000 fois supérieur au taux naturel de fond.


Résumé — Tableaux récapitulatifs

Vocabulaire essentiel de génétique

TermeDéfinition
AllèleForme différente d'un même gène
GénotypeConstitution allélique d'un individu
PhénotypeCaractère observable (moléculaire, cellulaire, organisme)
HomozygoteDeux allèles identiques (AA ou aa)
HétérozygoteDeux allèles différents (Aa)
DominantS'exprime même en un seul exemplaire
RécessifNe s'exprime qu'à l'état homozygote
LocusEmplacement d'un gène sur un chromosome
MutationModification permanente de la séquence ADN

Les grandes étapes de la méiose

ÉtapePhaseÉvénement clé
Méiose IProphase IAppariement des homologues, crossing-over
Méiose IAnaphase ISéparation des chromosomes homologues
Méiose IIAnaphase IISéparation des chromatides-sœurs
Résultat—4 cellules haploïdes génétiquement uniques

Comparaison mitose / méiose

CaractéristiqueMitoseMéiose
Nombre de divisions12
Cellules produites2 cellules filles4 gamètes
Ploïdie2n → 2n2n → n
Brassage génétiqueNonOui (crossing-over + assortiment)
RôleCroissance, réparationReproduction sexuée

Méthode — Analyser un résultat de croisement

Méthode en 5 étapes :

  1. Identifier le phénotype parental (P1 × P2) et noter les caractères
  2. Analyser la F1 : si uniformité → dominance ; si 50/50 → codominance ou test-cross
  3. Analyser la F2 (ou F1 × F1) :
  1. Écrire les génotypes parentaux
  2. Construire l'échiquier de croisement et vérifier la cohérence avec les ratios observés

💡 Astuce test-cross (croisement-test) : Croiser un individu de phénotype dominant inconnu avec un individu homozygote récessif (aa).

- Résultat 100% phénotype dominant → individu était homozygote (AA)

- Résultat 50/50 → individu était hétérozygote (Aa)


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